Clusterio : relier plusieurs serveurs Factorio
Un serveur Factorio, c’est une carte, un processeur, une limite. Clusterio fait tomber ce plafond : c’est un gestionnaire de serveurs Factorio en grappe (cluster) qui fait tourner plusieurs parties en parallèle et les relie entre elles. Avec les bons plugins, les objets passent d’un serveur à l’autre, la recherche est partagée, le chat est commun.
Ce guide explique ce que fait vraiment Clusterio, comment l’installer et ce qu’il faut savoir sur sa compatibilité avec Factorio 2.0 et 2.1.
⚡ Cluster prêt à l'emploi
Hébergeur Clusterio sur Ryzen 9 5950X
Notre offre hébergeur Clusterio : Starter 12,90 €/mois (8 Go RAM, 30 Go NVMe) ou Pro 21,90 €/mois (16 Go RAM, 60 Go NVMe). Anti-DDoS 5 Tbps, support FR 24/7.
Ce que Clusterio fait (et ne fait pas)
D’après son dépôt officiel, Clusterio est un gestionnaire de serveurs Factorio en cluster qui fournit l’outillage pour faire interagir plusieurs serveurs. Point important : seul, Clusterio ne change rien au gameplay. On peut même l’utiliser pour gérer des serveurs 100 % vanilla. Ce sont les plugins qui ajoutent les fonctions visibles en jeu.
Ce que Clusterio apporte de base :
- gérer une flotte de serveurs Factorio, répartis sur une ou plusieurs machines, depuis une interface web ou en ligne de commande ;
- synchroniser les listes d’admins, de whitelist et de bans sur tous les serveurs ;
- exporter des statistiques de tout le cluster vers Prometheus ;
- un système de plugins pour créer ses propres interactions entre serveurs.
Quand Clusterio a du sens
| Situation | Clusterio utile ? |
|---|---|
| 3 amis, une usine | ❌ Un serveur classique suffit |
| Méga-usine qui sature un seul CPU | ✅ Répartir la production sur plusieurs serveurs |
| Communauté avec plusieurs cartes (événements, modes de jeu) | ✅ Gestion centralisée, bans et admins partagés |
| Serveur public avec beaucoup de joueurs | ✅ Plusieurs instances reliées, chat commun |
Le vocabulaire : controller, host, instance
| Terme Clusterio 2.0 | Ancien terme | Rôle |
|---|---|---|
| Controller | master | Le cerveau : interface web, comptes, stockage partagé, plugins |
| Host | slave | Une machine qui fait tourner des serveurs Factorio |
| Instance | — | Un serveur Factorio (une carte) géré par un host |
| clusterioctl | — | L’outil en ligne de commande pour piloter le cluster |
Les anciens termes master/slave existent encore dans de vieux tutoriels : le dépôt officiel mentionne explicitement le renommage master → controller. Une petite installation met le controller et un host sur la même machine.
Compatibilité en septembre 2026
| Élément | État |
|---|---|
| Version de Clusterio | 2.0.0-alpha.27 (18 juillet 2026) |
| Statut | Alpha, mais recommandée : l’ancienne version stable est abandonnée |
| Versions de Factorio | Support actif des deux dernières versions majeures (2.1 et 2.0) |
| Node.js | Versions LTS ; depuis l’alpha.27, Node 22 ou 24 (Node 20 n’est plus supporté officiellement) |
| Docker | Indiqué comme cassé dans le README officiel |
L’alpha.27 permet aussi de choisir pour chaque instance une version de Factorio précise ou un canal (stable, experimental), résolu via l’API officielle de factorio.com.
Installation (Linux)
1. Installer Node.js
Le README officiel prévient que le Node.js des dépôts Ubuntu/Debian est trop ancien et propose le dépôt NodeSource. Installez une version LTS supportée (22 ou 24) :
curl -fsSL https://deb.nodesource.com/setup_22.x | sudo -E bash -
sudo apt-get install -y nodejs
node --version
2. Lancer l’installateur guidé
Connectez-vous avec l’utilisateur qui fera tourner Clusterio (pas root), puis :
mkdir clusterio && cd clusterio
npm init "@clusterio"
L’installateur demande le mode (installation autonome controller + host sur la même machine, host seul, ctl seul…), l’emplacement de Factorio et propose les plugins les plus courants. Notez le jeton d’authentification admin affiché à la fin : il sert à se connecter à l’interface web.
3. Démarrer
L’installateur fournit les scripts run-controller et run-host, ainsi que des fichiers systemd dans le dossier systemd :
sudo cp systemd/*.service /etc/systemd/system/
sudo systemctl enable --now clusteriocontroller
sudo systemctl enable --now clusteriohost
4. Ouvrir l’interface web
Par défaut, le controller écoute en HTTP sur le port 8080 : http://IP-DU-SERVEUR:8080/. Connectez-vous avec le jeton admin.
Pour rendre le controller accessible depuis Internet, déclarez son adresse publique :
npx clusteriocontroller config set controller.public_url http://203.0.113.4:8080/
Le README recommande de mettre en place TLS (HTTPS) si le controller est exposé sur Internet (guide Setting up TLS du dépôt).
Créer et lancer une instance
Depuis l’interface web : créer une instance → l’assigner à un host → Start. Un bouton « Connect via Steam » lance directement le jeu sur le bon serveur.
En ligne de commande, les équivalents documentés sont :
npx clusterioctl instance create usine-nord
npx clusterioctl instance assign usine-nord <host>
npx clusterioctl instance list
Les ports des instances
Chaque instance est un vrai serveur Factorio, donc un port UDP par instance :
- sans réglage, le host attribue un port dans
host.factorio_port_range, par défaut 34100-34199 ; - pour fixer un port, réglez
factorio.game_portdans la config de l’instance ; - le RCON de chaque instance (utilisé par Clusterio) prend un port aléatoire sauf si
factorio.rcon_portest défini.
Ouvrez la plage UDP correspondante au pare-feu, plus le port TCP de l’interface web.
Mods et modpacks
Dans Clusterio, les mods se gèrent par modpacks : on envoie les mods dans la section Mods de l’interface web, on crée un modpack, puis on l’assigne à l’instance (Instance config → Factorio → Mod pack). Les réglages des mods apparaissent après un export de données de l’instance (More → Export data).
Le principe reste celui d’un serveur classique : installer des mods sur un serveur Factorio explique les fichiers et les versions.
Les plugins officiels
Maintenus par l’équipe Clusterio :
| Plugin | Ce qu’il fait |
|---|---|
| Subspace Storage | Stockage partagé : des coffres « téléporteurs » envoient et reçoivent des objets entre serveurs |
| Research Sync | Synchronise la recherche et les technologies entre serveurs |
| Global Chat | Chat commun à tous les serveurs |
| Inventory Sync | L’inventaire du joueur le suit d’un serveur à l’autre |
| Player Auth | Connexion au cluster via un serveur Factorio |
| Statistics Exporter | Statistiques de jeu vers Prometheus |
Plugins communautaires cités par le dépôt : Discord Bridge (chat relié à Discord) et Server Select (menu en jeu pour changer de serveur).
Installer un plugin qui n’était pas proposé par l’installateur :
npx clusteriocontroller plugin install @clusterio/plugin-subspace_storage
À répéter sur chaque machine host si elles sont séparées.
⚠️ Subspace Storage et Factorio 2.1
Subspace Storage a besoin de deux mods Factorio dans le dossier sharedMods de chaque host : Subspace Storage et Clusterio Library. Au 25 septembre 2026, le Mod Portal indique :
| Mod | 2.0 | 2.1 |
|---|---|---|
| Clusterio Library | ✅ | ✅ |
| Subspace Storage | ✅ | ❌ |
Si le stockage partagé est au cœur de votre projet, restez en Factorio 2.0 pour l’instant. N’installez pas non plus l’ancien mod « Clusterio » (version 1.2) : le dépôt officiel précise qu’il est incompatible avec Clusterio 2.0.
Joueurs, admins et bans sur tout le cluster
Clusterio crée un compte pour chaque joueur qui rejoint une instance. Les rôles se gèrent ensuite une seule fois pour tout le cluster :
npx clusterioctl user set-admin Pseudo --create
npx clusterioctl user set-whitelisted Pseudo --create
npx clusterioctl user set-banned Pseudo --reason "grief"
Être admin en jeu ne donne aucun droit sur la gestion du cluster : ce sont des rôles séparés (
user set-roles).
Ressources : combien prévoir ?
Chaque instance est un serveur Factorio complet : son processeur et sa mémoire s’additionnent à ceux du controller. Un cluster de 3 instances consomme donc à peu près comme 3 serveurs, plus un peu pour Node.js. C’est ce qui justifie des offres dédiées avec plus de RAM :
| Offre HebergTonServ | RAM | Stockage | Usage visé |
|---|---|---|---|
| Clusterio Starter — 12,90 €/mois | 8 Go | 30 Go NVMe | « Master + 2 slaves » (controller + 2 serveurs), ~32 joueurs |
| Clusterio Pro — 21,90 €/mois | 16 Go | 60 Go NVMe | Cluster sans limite d’instances, jusqu’à 100 joueurs |
FAQ
Clusterio est-il un mod ?
Non. C’est un logiciel Node.js qui pilote des serveurs Factorio. Certains plugins installent des mods côté jeu (Subspace Storage par exemple), mais Clusterio lui-même ne modifie pas le gameplay.
Clusterio fonctionne-t-il avec Space Age ?
Clusterio gère Factorio 2.0 et 2.1 ; l’alpha.27 intègre même le mod recycler de la 2.1 et la qualité dans la synchronisation de la barre rapide. La compatibilité dépend ensuite de chaque plugin et de ses mods : vérifiez-la sur le Mod Portal.
Peut-on importer une partie existante dans une instance ?
Oui. Après import, la commande instance extract-players crée un compte cluster pour chaque joueur présent dans la sauvegarde. Préparez la sauvegarde comme dans transférer une partie solo sur un serveur Factorio.
Clusterio est en alpha, est-ce risqué ?
Les développeurs indiquent que l’alpha 2.0 est « raisonnablement stable » et que les changements cassants sont documentés avec des étapes de migration. Faites des sauvegardes régulières des instances et lisez les notes de version avant chaque mise à jour.
Conclusion
Clusterio est l’outil de référence pour dépasser les limites d’un seul serveur Factorio : répartir une méga-usine, animer une communauté multi-cartes, partager recherche et objets. Il demande plus d’administration qu’un serveur classique : Node.js, ports multiples, modpacks et plugins à suivre.
Pour vous concentrer sur le jeu, l’offre Clusterio d’HebergTonServ fournit un cluster installé, avec 8 ou 16 Go de RAM sur Ryzen 9 5950X.
Pour aller plus loin
- Meilleur hébergeur Factorio 2026 : comment choisir
- Optimiser les UPS d’un serveur Factorio
- RCON sur un serveur Factorio
- Mettre à jour un serveur Factorio (2.0 / 2.1)
Sources : clusterio/clusterio — README, notes de version v2.0.0-alpha.27, docs/decisions.md (versions supportées), docs/configuration.md, docs/managing-a-cluster.md, Mod Portal — Subspace Storage, Mod Portal — Clusterio Library.